
, et d'Isabelle de Portugal. Le 15 juin 1467 la mort de son pere fait de Charles le nouveau Duc de Bourgogne. Le duc de Bourgogne, qui, après sa mort, fut nommé le Téméraire, régnait non-seulement sur le duché de Bourgogne et la Franche-Comté, mais possédait aussi les Flandres jusqu'à la mer (la Belgique et la Hollande), le Charolais et une moitié de la Picardie; il convoitait l'Alsace et la Lorraine, et songe à ressuciter l'ancien royaume des Bourguignons.
L'Europe était à la veille d'une guerre générale, causée par la rivalité de trois puissants souverains: le duc de Bourgogne Charles-le-Hardi, le roi de France Louis XI et l'empereur d'Allemagne Fréderic III prince de la maison d'Autriche. L'Empereur se déclara l'ennemi irréconciliable du Duc de Bourgogne. Louis XI vit avec joie cette rupture éclater, et une coalition se former en Allemagne contre son puissant voisin de Bourgogne. Toutefois, il ne voulut pas faire partie de cette coalition, mais il chercha à y faire entrer les Suisses. Louis XI choisit pour ses agents les hommes les plus influents de la Suisse, tels que Diesbach, Scharnachthal et Sillinen. Ceux-ci agirent dans les Cantons avec une telle habilité, qu'ils parvinrent à faire désirer aux Suisses une alliance offensive et défensive avec la France contre le duc de Bourgogne. Il connaissait, depuis la journée de St-Jaques, la valeur de ce peuple, sa passion belliqueuse et l'ambition de ses chefs; il savait que les Suisses, une fois déclarés les ennemis du duc de Bourgogne, ce prince n'aurait pas d'ennemis plus redoutables. Lorsque Charles-le-Hardi apprit qu'il était question, en Suisse, d'un projet d'alliance avec Louis XI, il manda au comte de Romont d'envoyer de sa part une ambassade aux Cantons, pour empêcher cette alliance. Le comte confia cette mission à un Vaudois, Henri de Collombier, seigneur de Vuillerens, et à Jean Allard, jurisconsulte. Ces envoyés parcoururent la Suisse en mars 1474, et furent admis en présence des conseils des Cantons. Louis XI résolut de frapper un grand coup en faisant contracter une alliance entre les Cantons suisses et l'archiduc d'Autriche, et en faisant déclarer la guerre par ces nouveaux alliés au duc de Bourgogne. Dans ce but, il dépêcha en Suisse Juste de Sillinen, de Lucerne, administrateur de l'évêché de Grenoble. Sillinen réussit dans sa mission, et, au printemps de 1474, il parvint à conclure, entre l'Autriche et les Suisses, le traité connu sous le nom de Pacte d'Union héréditaire. Juste de Sillinen et Nicolas de Diesbach furent chargés de porter ce pacte à Louis XI, dont les Cantons et l'Autriche exigeaient la garantie. Comme l'un des articles secrets du traité, portait le roi de France caution du remboursement de la somme de 80 mille gouldes, que Strasbourg, Bâle et Colmar devaient avancer à l'Autriche pour payer au duc de Bourgogne le rachat de ses droits sur l'Alsace, Diesbach et Sillinen éprouvaient quelque inquiétude sur la manière dont le roi acueillerait cet article. Louis XI les rassura, disant : «Je préfère briser la tête des mes adversaires avec des lingots qu'à coups de masses d'armes.» Le margrave de Baden, les princes de Wurtemberg, le comte de Montbeillard, le duc de Lorraine, enfin, toutes les villes de l'Alsace, entrèrent dans la coalition que Louis XI venait de former contre Charles-le-Hardi. Dès que le Pacte d'Union héréditaire fut publié, l'Alsace se leva en masse où des soulèvements éclatent fréquemment contre Pierre de Hagenbach, le "landvogt ", gouverneur, qu'il leur a imposé depuis trois ans, un homme hautain et cruel qui fut saisi à Brissach et jeté en prison. L'archiduc fit notifier au duc de Bourgogne que les 80'000 gouldes, prix du rachat de l'Alsace, étaient à sa disposition à Bâle, à l'hôtel de la monnaie, et fit occuper cette province au nom de l'Autriche. Charles-le-Hardi, qui assiégeait Neuss, dans l'évêché de Cologne, apprit en même temps l'insurrection de l'Alsace, la captivité d'Hagenbach, la notification du rachat et la prise de possession de l'Alsace au nom de l'Autriche. L'archiduc envoya de nouvelles troupes en Alsace, et convoqua un tribunal exceptionnel pour faire le procès du gouverneur Hagenbach. Ce tribunal, composé de vingt-six juges, tirés des villes de l'Alsace, de Bâle, de Soleure et de Berne, que l'archiduc voulait compromettre aux yeux du duc de Bourgogne, se réunit en mai 1474, et, dans le même jour, fit appliquer Hagenbach à la torture, le jugea, le condamna et le fit décapiter à la lueur des flambeaux. Alors, l'indignation de Charles contre l'archiduc fut à son comble; il donna l'ordre au chevalier Hagenbach, parent du gouverneur qui venait d'être mis à mort, d'occuper le Porrentruy et une partie de l'Alsace, et fit quelques préparatifs de guerre contre l'archiduc. Nous écorcherons l'ours, dit-il avec dédain des gens de Berne. Toutefois, il fit une dernière tentative pour éviter une rupture avec les Suisses mais ces députés échouèrent. Les ambassadeurs du roi de France présentaient, dans ce même moment, à la ratification de la diète, une traité d'alliance offensive et défensive, par lequel ce roi s'engageait à payer annuellement aux Suisses 20'000 florins d'or pendant leur guerre contre le duc de Bourgogne, et quatre florins d'or à chaque soldat; et, dans un article secret, s'engageait à répartir chaque année une somme de 20'000 livres, à titre de pension, entres ses principaux partisans dans les Cantons. Les ambassadeurs d'Autriche, de leur côté, offraient 8'000 florins d'or aux Cantons pour prix de leur coopération dans la guerre que l'archiduc allait commencer en l'Alsace. Raoul de Vuippens, avoyer de Fribourg, fit des objections et les partisans du traité firent décider que sa ratification serait remise au Deux-Cent de Berne.
L'avoyer de Diesbach
, nommé depuis peu chambellan et conseiller du roi de France, convoqua le Deux-Cent pendant les vacances d'octobre 1474, ratifia toutes les clauses du traité avec Louis XI et au nom des Cantons, déclara la guerre au duc de Bourgogne. 8'000 Suisses, sous le commandement de Nicolas de Scharnachthal, entrèrent par le Porrentruy dans le comté de Montbeillard, où ils se réunirent à l'armée de l'archiduc d'Autriche, qui, forte de 10'000 hommes, assiégeait Héricourt, forteresse dans laquelle Hagenbach s'était enfermé. Le comte Jacques de Romont
, gouverneur de Bourgogne et seigneur du pays de Vaud, arrivait en Franche-Comté au moment où les Suisses et les troupes de l'Archiduc attaquaient Héricourt. Le comte de Romont prit aussitôt quelques mesures : il réunit 1'800 hommes de troupe régulière, qu'il trouva sous sa main, à 5'000 hommes de milice qu'il se pressa de lever; il fit hâter l'arrivée des 5'000 italiens. les Italiens, épuisés par de longues marches au travers des Alpes et du Jura, lâchèrent pied. Les milices de la Franche-Comté résistèrent seules, et avec une telle tenacité, que, sur 800 hommes de la châtellenie de Faucogney, 700 se firent tuer sur place. L'armée du comte de Romont, écrasée par les forces réunies des Suisses et des Autrichiens, fut mise en déroute et poursuivie pendant deux heures par le cavalerie autrichienne. Le comte de Romont eut 3'000 hommes tués; les Suisses et les Autrichiens ne perdirent que 400 hommes et infligent à Héricourt le 13 novembre 1474 une défaite sévère au comte de Savoie-Romont et au maréchal de Bourgogne, leur formation en "hérisson" de piques fait merveille.
Charles etait toujours occupé au siège de Neuss. Il tenait en échec toutes les forces de l'Empire, mais, en même temps, il négociait avec le roi d'Angleterre, formait avec lui une ligue contre Louis XI, et attendait de jour en jour le débarquement de l'armée anglaise pour l'attaquer. Aussi, il prêta peu d'attention à ce qui se passait en Alsace et à sa querelle avec l'Archiduc et les Suisses, et abandonna la Franche-Comté aux incursions des Suisses. Charles envahit la Lorraine en 1475 et declare Nancy sa nouvelle Capitale. Les Confederes suisses, allies de Louis XI et voisins du Duche, s’inquietent de l’expansion territoriale de Charles le Temeraire, en particulier en Savoie. Au debut de 1476, le duc de Bourgogne entra en campagne contre Fribourg et Berne, en represailles de leurs expeditions vaudoises. Il se tourne contre les Suisses dont il lui faut se debarrasser. «J'ai bonne paix,» dit-il aux seigneurs de sa cour, «J'ai bonne paix avec les rois et les princes mes voisins, mais non avec les Suisses, qui ont fait grand outrage a mon cousin, le comte de Romont. J'ai l'intention de l'en venger au mois de fevrier prochain.» Vaincre ces "vachers" lui semble chose aisee. Il dit "Je montrerai a ces paysans ce que c'est que la guerre". Les Suisses lui diront "Vous n'avez rien a gagner contre nous, lui disent-ils humblement, notre pays est pauvre et sterile. Il y a plus d'or dans vos eperons et les brides de vos chevaux que vous n'en trouverez dans toute la Suisse !" Les Confederes des Cantons, neanmoins, ont de fortes positions par les chateaux qu'ils ont conquis au seigneur de Chatel-Guyon. Ils tiennent les passages du Jura et font pieces au comte de Romont, gouverneur de Bourgogne et seigneur du pays de Vaud. Les Confederes de Fribourg et de Berne ont penetre dans cette contree, ranconne Lausanne et Geneve. Sous-estimant les Suisses il est le 22 janvier 1476 a Besancon avec son armee reputee invincible, forte de 20'000 hommes, que les renforts portaient a environ 30'000 hommes, plus six mille Italiens, quatre mille Savoyards et nombre de pieces d'artillerie. Les plus presses a engager l'action militaire sont le comte de Romont et le seigneur de Chatel-Guyon, interesses dans l'affaire. Le comte de Romont, a la tete de l'avant-garde bourguignonne, s'assure des passes du Jura, encore couvertes de neige en cette mi-fevrier.
L'armee bourguignonne campe pres de Giez/Grandson au lieu dit "Duc de Bourgogne" et parait devant la place forte de Grandson. A la suite de deux assauts meurtriers, la ville fut emportee le 28 février, et Stein, le commandant des Suisses, fut fait prisonnier. Une partie de la garnison s'etait retiree dans le chateau. Le duc de Bourgogne y fait introduire un traitre, moitie alsacien, moitie bourguignon, nomme Jean de Ronchamps, qui persuade les Suisses de se rendre contre une clemence. Cette honteuse manoeuvre reussit, et les 412 hommes de la garnison furent impitoyablement pendus ou noyes. Un cri d'horreur souleve la Suisse. Le 1er mars 1476, les Confederes, au nombre de vingt mille, Bernois, gens d'Uri, de Schwytz et d'Untervalden, marchent au devant des Bourguignons. La guerre est imminente. Le Duc lance ses hommes depuis Grandson jusqu'au chateau de Vaumarcus par un chemin rocailleux, ou la neige vient a peine de fondre. Jean II de Neuchatel de Vaumarcus ouvre son chateau a Charles le Temeraire et se range aux cotes du duc. Mal lui en prit, car apres la bataille de Grandson, qui s’est deroulee à environ 3 km au sud-ouest de Vaumarcus, le chateau est incendie par les Suisses en signe de represailles. Le 2 mars 1476, a Concise les deux avant-gardes sont en contact, l'une commandee par le sire de Chatel-Guyon, l'autre par l'avoyer de Berne Nicolas von Scharnachtal. Chateau-Guyon, sire d'Orbe, chargea vigoreusement les Suisses a la tete de l'armee bourguignone. Les Suisses, après avoir mis genou a terre pour implorer le Dieu qui donne la victoire, se groupent en bataillons compacts, des herissons de piques de 6 metres de long, contre lesquels se brise la charge des chevaliers bourguignons aux lances de moins de quatre metres, en mesure moderne, et il leur est impossible d'atteindre leurs adversaires. Les armees d'Uri, de Lucerne et d'Untervalden debouchent d'un chemin de neige que les Bourguignons ont neglige de garder ! En faisant retentir l'echo des montagnes des mugissements de leurs cornes alpestres frapperent les rangs bourguignons d'une terreur panique. Au cri de Grandson! Grandson! scande par dix mille poitrines, les Suisses fondent sur eux, et c'est la panique, inexplicable puisque l'action est a peine engagee, qui saisit l'armee bourguignonne. La victoire Suisse voit le jour. Faute d'une cavalerie adequate, ils ne purent poursuivre leur avantage et aneantir l'ennemi. Les Suisses se repandent dans le camp du duc Charles au butin mirobolant: 400 pieces d'artillerie, son pavillon de velours rouge, son tresor, sa chapelle remplie de chasses et de statues d'or, d'argent et de cristal, ses joyaux, son chapeau de velours cercle de pierreries, son sceau ducal, son epee de parade, son collier de la Toison d'or, des ecrits enlumines et des textiles.
Charles est sombre, il se laisse pousser la barbe. Je ne la couperai que lorsque j'aurai revu le visage des Suisses ! Ses capitaines rameutent des gens de guerre, des mercenaires, des couleuvriniers allemands, des piquiers des Flandres, des archers anglais, des cavaliers italiens. Les hostilites peuvent reprendre... C'est aussi l'avis des Suisses. A Lucerne ils tiennent une assemblee generale pour distribuer a chaque contingent des Cantons son poste de combat. Une armee de 20000 piquiers Suisses et 1800 chevaliers a la solde des Habsbourg est levee. Les Bernois et les Fribourgeois se maintinrent a Morat, ou Adrien de Bubenberg, n'ecoutant plus que la voix de sa patrie en danger, s'enferma avec 1,500 Bernois et 800 Fribourgeois, commandes par Guillaume d'Affry.
Le 27 mai 1476, le duc Charles et son armee se dirigent vers la petite place forte de Morat, avec son lac aux eaux noires. Adrien de Bubenberg qui commande les assieges brise tous les assauts pendant quinze jours que tentera le comte de Romont. Derriere la riviere de la Sarine, les Confederes ont regroupe leurs forces. Le jeune duc de Lorraine leur a amene trois cents gens d'armes. Les Alsaciens sont venus en grand nombre, malgre la defense de Sigismond de Habsbourg. Ils franchissent le pont de Gumminen et se mettent en ordre de bataille. L'Argovien Hans de Hallwyl commande les gens de l'Oberland et de Fribourg. Le corps central est dirige par le Zurichois Hans Waldmann. L'arriere-garde par le Lucernois Hertenstein. Le duc Rene II de Lorraine commande l'une des ailes formees de cavaliers lorrains et suisses. Charles reste sur ses positions devant la ville de Morat. Il a reconstitue a grands frais sa belle artillerie et a confiance en elle. Il pleut, le ciel est noir comme le lac. Les Confederes dissimulent adroitement leurs mouvements derriere des boqueteaux. La matinee du 22 juin 1476 se deroule sans combats. Lasses d'attendre, les Bourguignons quittent leur camp. Tout a coup, alors que le soleil commence a percer les nuages, les Suisses fondent sur eux au cri de Grandson ! Grandson ! Les terribles canons du duc Charles fauchent des centaines d'hommes. Par une poussee desesperee, Hans de Hallwyl et les siens penetrent dans le camp du duc Charles et reduisent au silence les redoutables canons. La panique, de nouveau, se met dans les rangs des Bourguignons. Les Suisses les cernent de trois cotes, le quatrieme est occupe par le lac de Morat ! Innombrables sont les fuyards qui s'y noient. Des Suisses il ne faut esperer nul quartier, 12000 bourguignons y trouveront la mort contre seulement 410 confederes. "Cruel comme à Morat" dit-on encore. Le Duc, qui s’etait promis de dejeuner a Morat, de diner a Fribourg et de souper a Berne, reussit a peine a s’evader par la route d’Avenches. Avec nos piques de dix-huit pieds, 5m 40, nous les avons piques aux reins, nous les avons embroches comme des oies de Noel. Il y en avait qui monterent aux arbres, nous les avons secoues comme des poires, nous les avons tues comme des corneilles. Il y en a qui sauterent dans le lac, nous avons pris de bateaux et, avec les rames, nous leurs avons casse la tete comme on casse des noisettes. Le Lac de Morat gardera le reflet du sang bourguignon.
Le butin, sans etre celui de Grandson, comprenait la chapelle ducale, une centaine de canons, un millier de tentes, deux a trois cents bannieres, une enorme quantitee de chevaux, de chars, d’armes et de cuirasses, son artillerie, munie de trois cents tonneaux de poudre, une quantité d'habits luxueux,
cape de Charles le Temeraire chateau de Gruyeres photo de Benedikt Rast
La tapisserie aux Mille fleurs faisait partie du butin pris à Charles le Téméraire à Morat. Accaparé par les Bernois, le trésor bourguignon appartient toujours à la ville de Berne.
des vaisselles d'or, d'argent et des pierres précieuses. On saisit des vases à boire, en or et en argent ciselés.
coupe de Petermann de Faucigny
butin de Morat
On découvrit une baignoire d'argent. On s'empara du sceau du duc de Bourgogne, de vingt-quatre drapeaux, de caisses remplies de pièces d'or. Existaient aussi des charrettes remplies d'arbalètes, de cordes, de javelots, de milliers de piques, de chaînes avec lesquelles on attachait les prisonniers avant de les pendre. Une partie de ce tresor se trouve au Musee d’Histoire de Berne.
la Liberte 28 novembre 1903
la fuite de Charles le Temeraire 1895
Eugene Burnand 1850-1921
Le Panorama de la bataille de Morat longueur: 94.40 metres, hauteur: 10.50 metres, surface: 1’000 metres2, poids: 1’500 kilogrammes, en trois rouleux, peint en 1893-1894 en dix mois par le peintre munichois Louis Braun assiste d'un collecif d'artistes-peintres, restaure en 2002, en garde le temoignage.
Rene II de Lorraine allie des Suisses les persuade de preserver leur avantage en liberant son duche du joug bourguignon. Louis XI, finance la reconquete de la Lorraine par son legitime seigneur. Le 7 octobre 1477, le sire de Rubempre lui rend les clefs de Nancy.
La nouvelle de la prise de Nancy reveille le duc Charles. Il reunit une armee de dix a douze mille hommes. Charles le Temeraire arrive le 22 octobre 1476 devant Nancy. Alors debute pour les Nanceens un long siege de deux mois, par un hiver rude. Le Duc Rene II de Lorraine prend le bon parti de quitter sa capitale pour aller chercher les Suisses, ultimes secours des assieges. Par la route de Luneville, Rene II de Lorraine arrive avec dix-huit a vingt mille Suisses, Alsaciens, Allemands et Lorrains. L'ultime bataille se deroule le dimanche 5 janvier, par un froid terrible. Contre l'avis de ses fideles le duc de Bourgogne, comme aux plus beaux jours de sa gloire, enfourche son magnifique cheval "Moreau" et se lance dans la bataille. L'artillerie bourguignonne fait de terribles ravages dans les rangs des Strasbourgeois de Guillaume Herter. Le sort de la bataille est indecis lorsque les Bourguignons entendent avec terreur, percant la brume qui retombe, le son de la "vache d'Uri" et du "taureau d'Unterwalden". Le gros des Suisses vient au secours des neuf mille hommes de Guillaume Herter et fond sur les Bourguignons. Et c'est la deroute, comme a Grandson, a Morat, la fuite des gens de Bourgogne que leurs poursuivants massacrent comme a la battue.
Un cadavre mutile par les loups avec l'anneau du Grand Duc d'Occident est identifie comme celui de Charles le Temeraire qui sera inhume avec un sarcophage en marbre noir place dans son mausolee en l’eglise Notre-Dame a Bruges.
Louis XI mit la main sur la Bourgogne, la Picardie et l'Artois. Marie de Bourgogne

Marie de Bourgogne 1457-1482 et mausolee en l'eglise de Notre-Dames a Bruges
apporta en dot à Maximilien de Habsbourg ce qui lui restait de l'état bourguignon : les Pays-Bas.
Les nombreuses guerres de Bourgogne ont entraine une augmentation de la pression fiscale. L'entretien de l'armee de Charles le Temeraire coute au Royaume, et les defaites successives provoquent un sentiment de gaspillage. La mort du duc sera un soulagement dans l'Etat bourguignon et en Suisse.
Histoire du Canton de Vaud
Par Auguste Verdeil (1795-1856)
LE PAYS DE VAUD SOUS LA MAISON DE SAVOIE XIIIe-XVIe SIECLE
Chapitre IX.
Jaques de Savoie, comte de Romont, baron de Savoie.
1465-1476.
§ Ier. Préludes de guerre. 1465-1476.
Maladie et mort du duc de Savoie. - La régence disputée par le comte de Romont, ses frères, le duc de Bourgogne, Louis XI et la duchesse de Savoie. - Les députés des villes de Berne et de Fribourg, médiateurs dans ces différends. - Les Etats-Généraux de Savoie donnent la régence à la duchesse. - Le comte de Romont dans les armées du duc Charles de Bourgogne. - Louis XI engage les Cantons suisses à s'allier avec l'archiduc d'Autriche contre le duc de Bourgogne. - Les Suisses, stipendiés par la France et l'Autriche, envahissent la Franche-Comté. - Le comte de Romont est défait par les Suisses devant Héricourt. - Les Suisses font irruption dans le Comté de Neufchâtel. - Ils assiégent Grandson et s'en emparent. - Ils pillent et incendient les châteaux de Montagny et de Champvent. - Siège du château d'Orbe; défence héroïque du château; il est pris et incendié; sa garnison est massacrée. - Siège et prise du château de Joux. - Les Bernois envahissent le Chablais vaudois, prennent, pillent et brûlent le château d'Aigle. - Traité d'alliance offense et défensive entre Berne et le Valais contre la maison de Savoie.
§ 2. Claude d'Estavayer et Pierre de Cossonay. 1475.
Berne déclare la guerre au comte de Romont; elle surprend et envahit le Pays de Vaud. - Prise de Morat. - Le Vully dévasté. - Siège d'Estavayer. - Claude d'Estavayer. - Assaut; treize cents bourgeois d'Estavayer passés au fil de l'épée; pillage, incendie; Claude d'Estavayer décapité. - Capitulation d'Yverdon. - Pierre de Cossonay, commandant des Clées; siège; défense héroïque; massacre des habitants; Pierre de Cossonay décapité. - Guillaume de La-Sarra; prise et incendie de son château. - Genève. - Morges, son château incendié. - Le Bas-Valais envahi. - Amédée de Gingins; combat de la Planta. - Seize châteaux du Bas-Valais incendiés. - Conférences de paix à Neufchâtel; elles sont rompues. - La guerre des Suisses et du duc de Bourgogne est décidée.
Le duc de Bourgogne dirige son armee sur la Suisse pour delivrer le Pays de Vaud. — Guillaume de La-Sarra surprend les Bernois dans Yverdon. — Yverdon brule par les Suisses. — Charles-le-Hardi entre dans le Pays de Vaud. — Bataille de Grandson. — Charles-le-Hardi a Lausanne. — Camp des plaines du Loup. — Jean de Gingins reprend le Bas-Valais; il assiege Sion, et est defait par les Bernois et les Haut-Valaisans. — Les Bernois et les milices de Gessenay et du Pays-d'Enhaut envahissent les mandements d'Aigle et de Vevey; ils assiegent la Tour-de-Peilz; Pierre de Gingins tue a l'assaut; la Tour-de-Peilz, Vevey, le chateau du Chatelard incendies, leurs habitants massacres par les Bernois. — Tentatives de paix a Lausanne; Louis XI les fait echouer. — Bataille de Morat. — L'armee des Suisses envahit le Pays de Vaud. — Louis XI intervient. Congres de Fribourg. — Traite de paix des Cantons avec la maison de Savoie. — Demembrement du Pays de Vaud.
Charles Duc de Bourgogne dit le Temeraire ou le Hardi
collier de la Toison d'or
Giez vue depuis le Duc de Bourgogne/camp de Charles le Temeraire a la bataille de Grandson/monument historique/carte postale vers 1920
Base sur l'histoire du canton de Vaud par Auguste Verdeil 1795-1856
complemente avec des articles de presse et du Net